“Notre seule réelle connaissance réside dans notre expérience. C’est là qu’on remarque qu’on connait finalement vraiment peu de choses…”
Senader
“Il faisait froid dehors. J’étais juste monté pour m’assurer qu’elle ne manquait de rien. Je ne savais pas… Pourquoi l’aurais-je su ?
La porte de l’appartement était déjà enfoncée, les cris avaient déjà retentis, les coups de couteau avaient déjà été donnés, une page de ma vie s’était déjà tournée… Mais tout ça, je ne l’ai su qu’en entrant.
Elle était étendue, là, sur le sol, et moi, dans ma panique, ma tristesse et ma douleur, je n’ai rien vu d’autre que ce couteau…
Elle m’accorda un dernier soupir, et, lui ôtant la vie, ces paroles angéliques sauvèrent la mienne. Ma misérable petite vie qui n’avait de beau que son visage, à Elle…
Je pris donc le couteau qui était tombé, je le tint aussi fort que ma rage le pouvait et je m’élançai dans le salon, frappant déjà là où ma femme m’avait ordonnée de frapper. Le rideau se déchira, et le corps du démon aussi, en deux parties… Trop tard.
Je venais seulement de faire ce que j’aurais dû réaliser bien avant… Protéger cet Ange des enfers… C’était trop tard, elle s’en était allée, loin de moi…
Elle avait quitté l’étreinte de mes bras en voyant mon incompétence. J’aurais pu être meilleur… J’aurais dû…
Les larmes coulaient maintenant sur son corps…La police arriverait bientôt…
Ma peine commençait alors, pour ne se terminer qu’aujourd’hui, alors qu’à mon tour je perds la vie. Ma plus grande peur maintenant est d’aller au paradis, car je risquerais fort d’en mourir de honte…”
Senader